Intégrer la santé environnementale dans les soins primaires : un nouveau projet de recherche à l’université d’Angers

Une nouvelle thèse de doctorat menée à l’Université d’Angers (2025-2028) par Nada Kajad, accompagnée d’une équipe pluridisciplinaire, propose d’intégrer concrètement la santé environnementale au cœur des soins primaires. Soutenu par la dynamique du PRSE 4, ce projet novateur adopte une approche participative impliquant directement professionnels et usagers de la région. Mais comment mieux armer les professionnels de santé face aux défis climatiques et environnementaux ?

marche et vélo favorables à la santé et à l'enviornnement | pixabay libre de droits - stanvpetersen park life 2251981 640

Un besoin d’accompagnement face aux nouvelles attentes

L’impact de notre environnement sur notre santé n’est plus à prouver : selon l’OMS, les facteurs environnementaux sont responsables de près d’un quart de la mortalité mondiale. Si les soins primaires constituent un espace privilégié pour agir sur ces déterminants, les enjeux de santé environnementale y restent encore insuffisamment intégrés, notamment dans les soins de premier recours.
Les praticiens se sentent souvent démunis quant à leur rôle ou leur capacité à répondre à ces problématiques environnementales. C’est pour pallier ce décalage que ce vaste projet de recherche a été lancé à l’Université d’Angers. Son but ? Co-concevoir un programme de formation axé sur les "co-bénéfices", c’est-à-dire les comportements favorables à la fois à la santé humaine et à l’environnement.

Une recherche-action en trois étapes ancrée sur le territoire

Afin de construire des solutions durables et adaptées à la réalité du terrain, le projet se déploie en 2 axes majeurs :

  • Comprendre les représentations sociales : la première phase, déjà finalisée en Pays de la Loire, a réuni 79 participants lors de focus groups (37 professionnels de soins primaires et 42 usagers/citoyens). L’objectif est d’analyser leurs perceptions, les freins et les leviers d’action à la santé environnementale.
  • Co-construire et évaluer une formation : les résultats de ces échanges vont permettre de créer avec des usagers partenaire un programme de formation à destination des équipes soignantes et des usagers, dont l’impact sera rigoureusement documenté et évalué.

Des outils concrets au service de la stratégie régionale

Ce projet de thèse résonne parfaitement avec les orientations stratégiques du 4ème Plan Régional Santé Environnement (PRSE 4) des Pays de la Loire. En mobilisant les acteurs locaux (maisons de santé pluriprofessionnelles, réseaux interCPTS et APMSL, ARS, collectivités), il s’inscrit dans une véritable dynamique territoriale.
À terme, cette recherche fournira à la Région Pays de la Loire des outils opérationnels précieux à partager aux acteurs de premier recours :

  • Une formation reproductible et des outils pédagogiques dédiés ;
  • Une identification claire des leviers d’action efficaces en soins primaires ;
  • Une aide à la décision pour les politiques publiques régionales, favorisant des actions de prévention au plus près des attentes citoyennes.

Ce projet, qui s’étendra jusqu’en 2028, a d’ores et déjà mobilisé près de 80 acteurs locaux lors de sa première phase de consultation. Il permet de rapprocher recherche scientifique et pratiques quotidiennes de soins vers un système de santé plus résilient et durable.

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