Après le confinement, la reprise toute en prudence des Conseillers Médicaux en Environnement Intérieur

publié le 5 juin 2020


Comment, en tant que acteurs de l’audit environnemental et du conseil aux particuliers, avez-vous relancé votre activité après le confinement ?

Romain Habeau et Aurélien Riodel : Pendant le confinement, toutes les visites à domicile ont été annulées. Nous avons pu suivre certaines situations à distance, à travers des échanges par téléphone ou par mail. C’était bien sûr insatisfaisant tant notre présence sur le terrain peut être décisive pour mettre à jour certains problèmes. Un dialogue à distance, ou même une visite en visio, ne suffit pas à coup sûr pour détecter certains détails que les habitants du logement ne voient pas. Qui plus est, pour certaines enquêtes, la réalisation de prélèvements environnementaux au domicile est indispensable pour aider au diagnostic ou cibler les conseils de remédiation. Dès la fin du confinement, nous n’avons donc pas tardé à relancer les visites. Elles ont repris progressivement, en donnant la priorité aux demandes urgentes : les plus anciennes, ou celles qui semblaient liées à des risques significatifs ; a contrario, concernant les personnes à risque de forme grave de COVID-19, sans réelle urgence liée au logement, les visites sont pour le moment temporisées.


Quels sont les éléments forts de votre protocole d’intervention ?

RH et AR : De nouvelles habitudes à intégrer dans notre travail. Nous l’avons mis en place en lien avec l’association nationale des CMEI et les médecins hospitaliers. Il repose sur un surcroît d’information des personnes, en amont : c’est déterminant dans un contexte où les personnes, notamment celles qui sont à risques Covid, expriment parfois une réelle inquiétude à voir des gens venir chez eux. Avant toute visite, nous appelons les personnes et échangeons avec précision avec elles, leur transmettons souvent des mails d’explication. Nous précisons ce que nous allons faire, nous posons la question de survenue de symptômes qui pourrait annuler la visite… Sur place, le masque est obligatoire (visiteur/habitant), nous préconisons l’aération du logement, nous respectons les lavages de mains à l’arrivée et au départ, la désinfection du matériel, peu de contact avec les objets, nous ne nous asseyons pas… Enfin si la personne reste inquiète quant à la visite, nous lui proposons de la reporter.


Ce protocole de prévention a-t-il des inconvénients ?

RH et AR : Oui, évidemment. Le masque qui amoindri la sensibilité de l’odorat, le temps raccourci d’intervention qui limite le dialogue pour se concentrer sur l’essentiel, la nécessité de donner beaucoup d’informations en amont mais aussi après la visite. Les mesures barrières mises en place créent également une distance entre le patient et le CMEI, pouvant influer sur le suivi des mesures proposées… Mais le rôle-clé de la visite n’en est pas altéré : nous continuons à tenir notre rôle pédagogique, en particulier dans le contexte du virus, sur l’hygiène du domicile, sur les règles d’aération ou de ventilation des lieux clos, mais aussi, sur l’utilisation appropriée ou raisonnée des désinfectants. (Lire à ce sujet, sur le site de l’ANSES)


Un impact renforcé de prévention ?

RH et AR : Oui, le rôle essentiel de la prévention est mis en avant avec le virus. Nous diffusons un message large de prévention, à la demande de l’ARS, à l’intention des personnes que nous rencontrons qui ont parfois des questions sur les masques, ou sur la disponibilité des médecins. Nous rappelons la nécessité de maintenir le parcours de soin, de ne pas créer de rupture dans les traitements et consultations de médecins. De même, nous pouvons aller vers les médecins pour les informer d’une situation particulière.


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Contacts :
- Aurélien Riodel
CMEI pour Maine-et-Loire, Mayenne et Sarthe
07 60 92 13 52 ; aurelien.riodel@chu-angers.fr
- Romain Habeau
CMEI pour Loire-Atlantique et Vendée
06 29 21 86 46 ; romain.habeau@chu-nantes.fr


  (nouvelle fenetre)
L’hygiène de la maison à l’heure du Covid-19 (Santé Publique France)