Gaz radon : un vrai risque

publié le 2 mars 2020

Un plan d’action régional

La prise en compte dans notre vie quotidienne des enjeux relatifs aux impacts de l’environnement sur la santé fait l’objet d’une demande croissante de la population. Pour y répondre, plusieurs actions sont reprises dans la Région des Pays de la Loire développe un plan d’actions ("Plan régional santé environnement"). L’UFC-Que Choisir de Nantes organise dans ce cadre des opérations pour l’amélioration de la qualité de l’air intérieur dans nos habitations. La sensibilisation de tous les citoyens à l’égard du risque lié au gaz radon en fait partie.

Le radon

Le radon est un gaz inodore, incolore, insipide, mais radioactif, qui se dégage de la croûte terrestre, en particulier des sols granitiques. A l’air libre, il ne présente aucun risque pour la santé, par contre dans des espaces clos (sous-sol, maison, rez-de-chaussée d’immeubles), il peut atteindre des concentrations élevées, susceptibles de présenter un risque pour la santé. Ainsi, l’exposition au radon est la deuxième cause de cancer du poumon, après le tabagisme.

L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) a classé chaque commune, en fonction du sol, avec un potentiel de risques allant de faible à moyen ou élevé (niveaux 1 à 3) consultable sur le site de l’IRSN ("potentiel radon de ma commune").

Lors d’une transaction immobilière ou d’un nouveau bail, le potentiel radon de la commune doit désormais être mentionné sur l’acte de vente ou de location, lorsque la commune est classée en zone 3 "moyen ou élevé".

L’action de notre association

Avec des collectivités locales volontaires, nous organisons des réunions publiques de sensibilisation, avec remise gratuite aux participants d’un dosimètre pour mesurer la présence de radon dans leur logement.

Nous avons ainsi réalisé des réunions publiques à SAINT-HERBLAIN, ORVAULT, VIGNEUX, SUCÉ, SAVENAY, REZÉ, BOUGUENAIS, BLAIN, NORT/ERDRE, SAINT-MARS du DÉSERT, GRANDCHAMP, DIVATTE SUR LOIRE, CLISSON, HERIC, L’ILE D’YEU.

Après deux mois de mesure statique, les dosimètres recueillis sont envoyés à un laboratoire spécialisé pour analyse. Les résultats obtenus sont transmis confidentiellement et exclusivement à chaque participant. Cet envoi est accompagné de conseils pour réduire les concentrations en radon.

Les résultats

Ils s’expriment en becquerel par mètre cube d’air (Bq/m³).

A l’issue des réunions précitées dans notre département, 1052 dosimètres ont été analysés :

  • 922 mesures sont inférieures à 300 Bq/m³, niveau en-dessous duquel il est facile de réduire la concentration par une aération régulière.
  • 90 mesures se situent entre 300 et 1.000 Bq/m³, concentration impliquant en plus des mesures correctives (colmatage de fissures, des sols et joints, des canalisations).
  • 20 mesures ont été relevées au-dessus de 1.000 Bq/m³, situation exigeant des mesures correctives impératives à brève échéance (travaux de rénovation).

Ces résultats montrent que dans la très grande majorité des habitations analysées, l’adoption d’une pratique d’aération dynamique régulière (courant d’air) se traduirait par une baisse significative des concentrations en radon. En revanche, pour 10 % des habitations, les causes de présence doivent être recherchées. Nous conseillons individuellement les personnes ayant des taux élevés (au-dessus de 800 Bq/m³).

Les habitants présents à nos réunions de sensibilisation sont de plus en plus nombreux (100 personnes à GRANDCHAMP et à DIVATTE/LOIRE)

Le taux de retour des dosimètres à notre association est supérieur à 95 %.

A la suite de l’envoi des résultats, les personnes concernées déclarent mettre en œuvre des mesures correctives. Ainsi, retour des personnes ayant enregistré un résultat supérieur à 300 Bq : 66 % ont modifié leurs conditions d’aération, 12% ont colmaté des fissures et 29 % des passages de câbles et tuyaux.