Six années de campagnes de mesures du radon dans l’habitat privé en Pays de la Loire

publié le 10 mars 2022

Enjeu de santé environnementale majeur, la problématique du radon bénéficie d’actions de sensibilisation à destination du grand public sur le territoire ligérien, dans le cadre du PRSE 3 depuis 2015. Objectif : informer les personnes habitant dans des zones à potentiel élevé en radon sur ce gaz radioactif, évaluer les concentrations auxquelles elles sont exposées et les informer sur les actions permettant de réduire la concentration de radon dans l’air intérieur.

Gaz radioactif naturel inodore et incolore, le radon est issu de la désintégration de l’uranium et du radium présents dans la croûte terrestre, en particulier dans les roches granitiques et volcaniques. Il se diffuse dans l’air et s’accumule dans certaines parties des bâtiments par effet de confinement, et constitue le 2e facteur de risque de cancer du poumon derrière le tabac (entre 5 et 12 % des décès par cancer du poumon en France, le risque étant fortement majoré pour les fumeurs).

En Pays de la Loire, 53 % des communes du territoire sont considérées à potentiel radon moyen ou élevé par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), faisant de cette caractéristique environnementale l’un des enjeux de santé publique spécifiques de la région. Depuis 2015, année de lancement du PRSE 3, les actions se sont multipliées sur le territoire pour informer les citoyens sur le risque radon, les aider à évaluer l’exposition dans leurs logements et les accompagner dans les solutions à apporter.

En Pays de la Loire, 6 opérateurs mènent des actions auprès des particuliers, en lien avec le PRSE 3 : les Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement (CPIE) Logne et Grand-Lieu, Loire Anjou, Mayenne Bas-Maine, Sèvre et Bocage, la Ville de Nantes et l’UFC-Que Choisir.

Les campagnes radon ont toujours lieu l’hiver, lorsque les personnes ont tendance à passer plus de temps dans leurs logements, et à moins les aérer. Elles prennent tout d’abord la forme de réunions publiques dans les communes identifiées à risque, qui sont l’occasion d’expliquer ce qu’est le radon, d’en préciser les risques et de donner des conseils sur la bonne étanchéité des sols et l’aération des intérieurs, pour à la fois limiter l’entrée du gaz dans le logement et l’évacuer au maximum.

Près de 4 000 foyers analysés

Ces réunions sont aussi l’occasion de distribuer gratuitement des détecteurs de radon (appelés également dosimètres) à placer dans le logement, lesquels sont ensuite analysés par un laboratoire. Entre 2015 et 2021, près de 4 000 foyers ligériens ont ainsi pu analyser la concentration en radon de leur logement.

Une fois les résultats obtenus, ils sont envoyés par courrier aux participants. Lorsque des dépassements du niveau de référence de concentration en radon sont observés, les propriétaires ou locataires sont invités à mettre en œuvre des actions correctives dans leur logement, visant à abaisser les teneurs en radon en dessous du niveau de référence. Les opérateurs proposent également des réunions de restitution qui permettent de rappeler les gestes simples pour mieux aérer le logement et de préciser les travaux à engager le cas échéant : amélioration du système de ventilation, étanchéification du sol, des passages de câbles et tuyaux, des prises, etc. Certains opérateurs adressent ensuite des questionnaires aux habitants ayant rencontré un taux supérieur à 300 Bq/m³, pour savoir si les travaux conseillés ont été engagés. Les campagnes sont anonymes et reposent sur une démarche volontaire.

Sur les 4 000 foyers analysés entre 2015 et 2021, 84 % avaient une concentration en radon inférieure au niveau de référence de 300 Becquerels par m³ fixé par la réglementation1.

Concernant les 16 % de foyers présentant des concentrations de radon au-dessus du niveau de référence (entre 300 et 1000 Bq/m³), 2 % présentaient une concentration élevée (plus de 1000 Bq/m³). Un tiers de ces foyers concernés par des teneurs élevées en radon ont fait l’objet d’une visite technique proposée par les opérateurs, afin d’identifier les actions permettant de réduire ces concentrations.

Si la Ville de Nantes ou l’UFC-Que Choisir estiment qu’aux alentours d’un tiers des personnes ont réalisé au moins une partie des travaux, les opérateurs constatent que la quasi-totalité des personnes aèrent plus souvent leurs logements après ces campagnes. Une bonne habitude qui a aussi des retombées sur la qualité de l’air intérieur au sens large, thématique par ailleurs abordée lors des réunions de sensibilisation au radon (qui plus est à partir de 2020 avec l’arrivée du Covid-19).

Concernant le risque radon en lui-même, si en 2015 58 % des habitants des Pays de la Loire n’avaient jamais entendu parler du radon (baromètre santé-environnement), il semblerait que le terme soit beaucoup plus connu du grand public aujourd’hui. La plupart des opérateurs constatent un nombre d’appels croissant pour avoir des informations sur le sujet, auxquels ils répondent lors de permanences, qui se généralisent en complément des réunions évoquées précédemment. Surtout, les opérateurs constatent un réel intérêt des élus des collectivités pour organiser des opérations de sensibilisation grand public, en particulier de la part de ceux qui mettent en œuvre les mesures dans les Établissements recevant du public.

1 Niveau de concentration en radon fixé par le code de la santé publique en deçà duquel les niveaux d’exposition doivent être maintenus