« L’échelon local est décisif pour entraîner les personnes à agir, pour leur propre santé et pour l’environnement »

publié le 27 septembre 2018 (modifié le 2 octobre 2018)

La Ville de Nantes organise ses « 10 jours de la santé environnementale », du 2 au 11 octobre. Une série d’événements d’informations et d’animations qui cible délibérément le grand public, avec le soutien du Plan Régional Santé Environnement des Pays de la Loire. Catherine Bassani, conseillère municipale en charge de la santé environnementale, en décrit les lignes de force.

Pourquoi cette mobilisation locale sur le thème de la santé environnementale ?

Il existe différentes échelles d’actions en matière de santé environnementale. Il y a le travail au niveau européen ou à l’échelle du pays à laquelle je participe en tant que représentante du réseau français des villes santé de l’OMS au sein du Plan national santé-environnement, et il y a aussi l’échelle locale qui est un excellent levier, parfois décisif, d’actions concrètes et directes. Lorsqu’on donne la bonne information aux gens, ça renforce leur capacité d’agir. En tant qu’acteurs de terrain, avec comme seule ligne de conduite l’intérêt général, et aux côtés des associations, nous avons construit un lien de confiance avec les habitants. Notre ambition est de renforcer cette relation de qualité pour faire passer de l’information, pour porter une parole de vérité, en toute transparence, à nos concitoyens.

Informer, pour prévenir ?

Ces 10 jours s’inscrivent dans un Plan local d’actions en santé environnementale (PLASE) que nous déployons depuis une dizaine d’années. Notre volonté est de sensibiliser sur le lien entre l’environnement et la santé, et notamment en agissant pour réduire les inégalités sociales de santé. Nous avons pleinement conscience que ce sont toujours les plus fragiles — physiquement ou socialement — qui sont les plus exposés à un environnement dégradé : qualité de l’air, qualité de l’alimentation, cadre de vie non sécurisant… On sait bien par exemple que ceux qui subissent la précarité énergétique sont également ceux qui subissent la dégradation de la qualité de l’air intérieur, dont nous faisons le thème majeur de ces 10 jours. Pour eux, il est urgent d’agir.

Vous privilégiez donc l’action, et notamment sur l’air intérieur ?

Quand une personne est informée, elle peut agir, et tout de suite en recevoir les bienfaits : sur sa propre santé, et sur son environnement… ce qui profite en même temps à toute la communauté. On sait ainsi que l’air intérieur est 5 fois plus pollué que l’air extérieur, alors qu’il existe des gestes simples pour prévenir cette situation : aérer évidemment, et éviter les polluants : produits de ménage toxiques, bougies et autres pulvérisateurs, certains matériaux et meubles… Mais il faut tout simplement le faire savoir. L’information que nous allons diffuser, en espérant toucher le plus largement possible, va éviter tout discours anxiogène pour se concentrer sur des solutions simples et pratiques, accessibles à tous au quotidien.

Avec vos partenaires, ces dix jours proposent une multiplicité de formes d’événements ?

En effet, il y aura à la fois un « Focus santé », rendez-vous mensuel organisé par la Ville, sur les gestes et réflexes à pratiquer chez soi pour un air plus sain, des visites du Pollinarium Sentinelle de Nantes et d’une station de mesure d’Air Pays de la Loire, un atelier pratique en appartement, et un samedi après-midi de forum « Améliorer son environnement intérieur au service de sa santé ». Dans la salle de l’Égalité, bien connue dans le quartier Ouest de la ville, seront proposées des animations qui fonctionnent bien : un atelier nesting et un débat théâtralisé. Notre pari, c’est d’être attractif, en espérant que le bouche-à-oreille favorable nous permettra d’élargir notre public, et de lancer une dynamique positive… et durable.