Au nom de l’eau, Saffré enclenche la transition alimentaire

publié le 3 mai 2018 (modifié le 14 juin 2018)

Enfants et adultes, associations, entreprises et élus : c’est une large mobilisation que vit la commune de Saffré, au nord de la Loire-Atlantique. Autour d’une thématique forte : la transition alimentaire et environnementale dans un contexte de captage d’eau prioritaire (1). L’appropriation collective des enjeux y est facilitée, notamment, par l’enjeu de la préservation d’une richesse du territoire : la nappe phréatique de Saffré.

«  Si la démarche que nous avons lancée, de réflexion puis d’action autour de la transition alimentaire, est très bien suivie, c’est que plusieurs paramètres favorables ont joué. Les nombreuses associations de notre commune tout d’abord, qui relaient et accompagnent les actions, mais aussi la conscience qu’ont les Saffréens de l’importance de la nappe phréatique sur notre territoire », explique Alain Gerling, conseiller municipal. Il faut savoir en effet que la station de pompage de Saffré alimente en eau potable une trentaine de communes du nord du département, et que le captage d’eau est classé prioritaire. Ainsi, le projet renforce et complète les actions de protection de la nappe, pilotées par le syndicat d’alimentation en eau potable.

De fait, la démarche est née en 2016, à l’initiative du Groupement des Agriculteurs Bio GAB 44, qui identifiait bien que la nappe phréatique de Saffré portait un enjeu majeur en termes de préservation de la ressource en eau. C’est d’ailleurs dans ce cadre que le Plan régional santé-environnement (PRSE 3) accompagne ce projet, au titre de son axe 1, « Alimentation et eau destinée à la consommation humaine ». « Nous avons mené un travail de longue haleine avec la population, dans une réflexion qui associe de nombreux acteurs », explique Pauline Cros, jeune ingénieure agroalimentaire recrutée en service civique, par la municipalité, pour piloter toute la démarche. « Une vingtaine d’associations et d’acteurs— Saffré Joli tout fleuri, Bretagne Vivante, les écoles, l’AMAP… – se sont ainsi approprié le projet collectif en l’intégrant à selon leurs propres projets ».

Grand public, enfants, entreprises et consommateurs…

Le club nature « à la découverte des plantes sauvages du château de Saffré ». en grand format (nouvelle fenêtre) La démarche se déploie ainsi en de nombreuses actions : une conférence sur l’eau, des panneaux implantés sur la commune pour informer sur la préservation de la ressource en eau et le jardinage naturel, des stands provoquant à l’échange sur la protection de l’eau lors d’événements populaires… Essentielle également, la sensibilisation des plus jeunes sur l’eau et l’environnement, à l’école et en temps périscolaires. Ce printemps, c’est la concertation autour des circuits courts qui est en vedette, avec la réalisation d’une enquête-habitants et des débats réunissant consommateurs, producteurs et commerçants. Tandis que la réflexion sur l’utilisation des terres communales d’une façon plus respectueuse de l’environnement, en même temps que la rédaction d’une charte d’engagement de la municipalité, avancent bon train…

La ressource en eau, fil rouge et fer de lance

À celui qui s’étonne de l’ampleur et de la diversité de cette action, le conseiller municipal Alain Gerling et la maire Jocelyne Poulin répondent par la force de la préoccupation environnementale à Saffré et plus largement sur le territoire de la Communauté de communes de Nozay, par les maîtres-mots fédérateurs de l’éducation et de la sensibilisation, mais aussi par la thématique de l’eau. « Elle intéresse tout le monde et cristallise les préoccupations de l’air, des pollutions diverses, de la production d’énergie… L’eau est le fil rouge et le fer de lance de cette action de sensibilisation  », conclut Alain Gerling. «  L’eau concentre et résume l’ensemble de la problématique, et crée une dynamique qui va sans doute durer bien au-delà de juin, quand nous clôturerons notre plan d’action. Ainsi, la réflexion sur les circuits courts va se poursuivre dans la durée. Nous souhaitions donner l’impulsion, puis que les gens prennent la main. C’est en bonne voie ».

(1) Captage prioritaire : captage d’eau destinée à la consommation humaine, sensible aux pollutions diffuses (pesticides, phosphore, nitrates…) et qui doit faire l’objet d’actions curatives ou préventives à l’échelle de l’aire d’alimentation du captage afin de reconquérir la qualité de l’eau.
Il y a 45 captages d’eau prioritaires en Pays de la Loire : en savoir plus.